Fascinante égérie
Qui règne sur ma vie
Telle un phare dans la brume
Mais quand la mer se retire
J'ai beau la voir au loin
Je trouve toujours en regardant mes mains
Des bateaux échoués qui expirent
Comme autant d'anciens rêves
Auxquels je ne donne plus gloire
Comme autant de trêves
Elles aussi illusoires
A l'immédiateté des certitudes
Toujours succèdent comme au fil des saisons
Les doutes et leur goût d'amertume
Puisqu'ainsi meurent les passions
Feux et glaces se mêlant dans mes cieux
Fulgurantes comme le son d'un adieu
Compagnones de toujours qui tournent avec mon sang
Encore jeter mon corps en ces regrets ardents
Comme un néant crevant la nuit dans mes pensées
Comme le crime se propose à l'innocent
Comme s'empare la folie de qui prête serment
Mais jamais même le courage d'abréger
Rien n'est plus présent qu'une absence
Rien n'est moins absent qu'un silence
Qui perce mes tympans de son évidence
Battement lancinant de toutes les apparences
Et qui peut croire que demain
Quand pointera le jour
Qui peut croire qu'enfin...
A l'espoir souverain

